07 février 2018

Le mystérieux cercle Benedict, de Trenton Lee Stewart

cercle benedict-t1Je ne sais plus comment j'en suis arrivée à lire Le mystérieux cercle Benedict, mais je ne regrette pas, ce roman est un OVNI de la littérature jeunesse!

La couverture est très réussie, avec le titre dans un ruban en relief, et une illustration qui représente bien l'état d'esprit original du roman.

L'écriture m'a faite penser à Roald Dahl et Charlie et la chocolaterie!  J'ai adoré le début particulièrement addictif, lorsque l'on découvre les trois enfants et les épreuves! J'ai trouvé la partie sur la pension un peu plus longue avant que tout ne s'accélère, mais malgré quelques longueurs, j'ai vraiment apprécié ma lecture.

J'ai trouvé les personnages extrêmement bien imaginés : tous extraordinaires, mais dans des styles totalement différents, ce qui fait réfléchir à ce que l'on appelle "intelligence".L'épisode du labyrinthe est particulièrement réussi !

Le roman aborde aussi d'autres thèmes importants comme la manipulation des masses, la gestion des peurs ou la famille tout en gardant un ton humoristique décalé plein de finesse. Enfin, c'est surtout un roman d'aventure où les enfants vont devoir accomplir bien plus que ce qu'ils pensaient pouvoir face à un ennemi très surprenant.

Un livre à conseiller aux enfants à partir de 9 ans (s'ils n'ont pas peur des gros livres) et aux adultes.

Il s'agit d'un tome 1 mais qui pourrait être un one-shot, bien que je sois impatiente de découvrir la suite.

""Êtes-vous un enfant surdoué ?
Désireux de profiter d'une incroyable opportunité ?"

Quand cette annonce bizarre paraît dans les journaux, des dizaines d'enfants se présentent pour participer à une série de tests plus saugrenus les uns que les autres. Seuls candidats sélectionnés, Reynie, Kate, Sticky et Constance font la connaissance de l'étrange recruteur, Mr Benedict, qui leur confie ses plans. Ils doivent infiltrer une pension dirigée par un savant mégalomane soupçonné de mettre au point un système de contrôle des esprits. Les enfants n'ont qu'une seule instruction : se serrer les coudes.
Le Mystérieux Cercle Benedict est né !"


02 février 2018

Quand vient la vague, de Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier

quand vient la vagueQuand vient la vague, c'est d'abord une magnifique couverture, tellement représentative de l'histoire, cette vague qui soulève Clément pour surfer, qui soulève Nina pour la pousser à s'enfuir, cette vague qui carresse ou qui peut tout détruire...

Quand vient la vague est écrit à quatre mains, deux auteurs et deux voix pour un récit : la voix de Clément, ado de 15 ans égocentrique qui vit son bonheur au jour le jour jusqu'au moment où sa soeur disparaît, et Nina, qui a disparu du jour au lendemain, et qui nous raconte son histoire.

On comprend assez rapidement ce qui a bouleversé leur vie mais le récit nous tourne et retourne le coeur, on a envie d'en savoir plus, de comprendre ce qui s'est réellement passé dans cette famille sans histoire. C'est aux côtés de Clément que l'on en apprend plus, ce petit frère immature que l'on découvre par les yeux de sa soeur, mais également cet adolescent qui mûrit lorsqu'il part à la recherche d'une explication.

Un roman émouvant, qui sonne vrai en racontant une histoire somme toute banale mais que l'on ne peut lâcher avant la fin... Des personnages qui pourraient être n'importe qui et c'est aussi pour cela que ça nous touche.

L'écriture est fine, ciselée, poétique pour nous décrir les sentiments, les émotions... On les vit en même temps que les personnages : joie, déception, révolte, on les ressent, on est immergé dans l'histoire et c'est avec un pincement au coeur que l'on tourne (bien trop tôt) la dernière page, que l'on ferme le livre...

A partir de 12 ans? peut-être avant pour un enfant très mature? une histoire pour ados mais pas seulement!

"Bouleversée, Nina quitte le domicile familial et jette ses clés dans une bouche d’égout… Quelques mois plus tard, son frère Clément se met à sa recherche. De Lacanau à Bordeaux puis Paris, il découvre la raison de sa fuite, ces «  vagues  » qui l’ont submergée, l’obligeant à tout quitter."

29 décembre 2017

L'aube sera grandiose, Anne-Laure Bondoux

aube-grandioseJ'avais déjà lu un roman de cet auteur, dans un genre totalement différent : Le destin de Linus Hoppe mais c'est en lisant des commentaires sur L'aube sera grandiose que j'ai réalisé que c'était du même auteur.

L'aube sera grandiose commence sur les chapeaux de roue puisque la narratrice, Titania, prend sa fille de 16 ans à la sortie de son entraînement de natation pour l'emmener dans un lieu inconnu, malgré des protestations car elle va rater la fête de son lycée.

C'est le début d'un long récit qui fait voyager le lecteur des années 1970 aux années 2000 aux côtés de Titania, de sa mère Rose-Aimée et de ses frères.

Nine découvre ainsi l'histoire d'une famille dont elle ne connaissait pas l'existence, au début avec beaucoup de mauvaise volonté mais rapidement, comme le lecteur, elle se retrouve fascinée par l'histoire de sa grand-mère et de sa mère.

Le récit est bien écrit, fluide, lumineux, on s'attache aux enfants que l'on voit grandir, et à la mystérieuse Rose-Aimée dont on découvre enfin l'histoire à la fin.

C'est aussi un plaisir pour des adultes qui ont vécu ces années 1980-1990 de les revivre sous la plume de l'auteur.

Une belle histoire de femmes, sur trois générations.

Le roman est classé jeunesse mais pour moi, il est à proposer à partir de 14-15 ans et pour adultes. Rien n'empêche de le lire plus jeune mais je ne suis pas certaine que le thème intéressera un lecteur (plutôt une lectrice, d'ailleurs) de moins de 15 ans.

12 décembre 2017

Wonder, de R.J. Palacio

wonderPour une fois, les rôles se sont inversés et c'est ma fille de 10 ans qui m'a faite découvrir Wonder, qu'une amie lui avait prêté. Ma fille a adoré ce livre et il est vrai qu'il s'agit d'un livre à la fois émouvant et marquant, surtout à cet âge!

Wonder est un livre qui évoque le problème de la différence de manière efficace. Pas une "petite" différence mais dans le cas du jeune garçon au centre de l'histoire, August, une difformité du visage qui ne peut passer inaperçue.

Il s'agit d'un livre qui joue sur les sentiments : on est révolté face à l'attitude de certains vis-à-vis d'August, on a le coeur réchauffé par Summer, on est déçus dans certaines situations et la narration à la première personne, mais avec chaque partie racontée par un personnage différent, aide à vraiment entrer dans l'histoire.

C'est un roman qui fait forcément réfléchit les enfants parce qu'il les touche, il se lit facilement grâce à des chapitres cours, et il est très prenant.

Pour un adulte, en revanche, le livre est agréable à lire mais finalement assez prévisible.

Une belle découverte, à conseiller aux enfants de 8 à 13 ans environ, qui devrait plaire même à ceux qui ne sont pas des grands lecteurs.

"" Je m'appelle August. Je ne me décrirai pas. Quoi que vous imaginiez, c'est sans doute pire. "
Né avec une malformation faciale, August, dix ans, n'est jamais allé à l'école. Aujourd'hui, pour la première fois, ses parents l'envoient au collège... Pourra-t-il convaincre les élèves qu'il est comme eux ?"

 

Posté par nemo_ à 16:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

23 octobre 2017

Mille femmes blanches, de Jim Fergus

1000 femmes blanchesPlusieurs personnes m'avaient conseillé ce roman, à juste titre puisque j'ai beaucoup apprécié cette lecture.

A partir de la rencontre, réelle, entre le président des Etats-Unis et un chef indien, Jim Fergus imagine la décision de mettre en place un échange de 1000 femmes blanches contre 1000 chevaux afin de "mélanger" les deux nations et préparer l'avenir.

Cette idée est l'occasion pour Jim Fergus de présenter la manière de vivre des Cheyennes à travers les yeux de May, une jeune femme de bonne famille emprisonnée dans un asile par sa famille pour avoir voulu épouser un homme de moins bonne condition.

A travers les yeux de May, courageuse, pragmatique et peu conventionnelle, le lecteur découvre les Cheyennes, leur manière de vivre et leurs coutumes. Présentés sous un jour positif, l'auteur n'en oublie pas les aspects sauvages des coutumes indiennes.

J'ai apprécié de suivre l'adaptation de May et de ses camarades à la vie indienne, la loyauté dont fait preuve cette jeune femme une fois sa décision prise, les moments d'humour ou de dangers qui peuvent tout faire basculer.

Bien que l'on entre peu dans l'intimité des autres femmes, certaines sont inoubliables, telle Phémie, Daisy, ou les jumelles irlandaises, avec leurs caractères entiers et indépendants, finalement mieux acceptés des Indiens que des Blancs.

Mais c'est toujours avec appréhension que l'on suit cette aventure, en se demandant comment tout cela va finir puisque l'on sait le sort que les Américains ont réservé aux Amérindiens.

Un roman passionnant, dont le rythme est parfois un peu lent mais toujours intéressant à lire. En revanche, j'ai trouvé désagréable la traduction des noms indiens en anglais : pourquoi ne pas les avoir traduits en français directement?

Pour adultes et grands ados.


29 septembre 2017

Match, de Suzanne Galea

match

Match est une dystopie originale et atypique qui mérite d'être lue!

La belle écriture de l'auteur nous plonge dans une ambiance fantomatique aux côtés de Danaé, un des rares êtres humains encore capable de rêver. On découvre le fonctionnement de ce monde où les gens sont dépendants de leur double numérique, au point qu'ils en ont perdu la capacité de rêver.

On comprend peu à peu (difficilement au début) ce qu'est le match et on est pris dans une histoire qui paraît simple mais qui est finalement beaucoup plus compliquée qu'il n'y parait.

Le rythme est lent, presque hypnotique, et comme Danaé, on se sent "englué" par le quotidien dans l'Oeuf. On est donc très loin des dystopies politiques, où l'action prédomine, où l'héroïne est à la fois belle, forte, révoltée. Car c'est finalement le hasard qui semble mener l'histoire, qui promène le lecteur jusqu'au moment où tout s'accélère.

Une belle découverte qui happe le lecteur dès les premières lignes mais dans laquelle il est parfois difficile de revenir, surtout dans la première partie. C'est un roman qu'il faudrait pouvoir lire en deux ou trois fois pour s'y plonger totalement et ne pas avoir cette sensation de "ne plus rien comprendre" en reprenant la lecture. Mais finalement, une fois passée cette sensation, on ne peut qu'apprécier! Un roman passionnant, intelligent, qui fait réfléchir...

A partir de 14 ans et pour adultes.

"Danaé vit à contre-courant d'un monde où les hommes sont assistés en permanence par un double numérique qui calcule continuellement la bonne décision à prendre. Un monde où le hasard n'existe plus, où le bonheur est un état garanti, obligatoire presque.

Pour préserver sa liberté, la jeune femme se voit contrainte de collaborer avec le Match, cette entreprise toute-puissante qui a développé l’application permettant à tous de trouver l'âme sœur. S’enchaînent alors pour Danaé une suite de découvertes et d’événements troublants qui pourraient bien bouleverser ses propres croyances, voire l’essence même de la nature humaine."

27 septembre 2017

Une famille aux petits oignons, de Jean-Philippe Arrou-Vignod

une famille aux petits oignons

Je ne les ai pas réellement lus puisque nous les avons écoutés en livre audio, mais il s'agit vraiment d'une série très sympa à tout âge! Nous avons trouvé le livre à une brocante et les enfants étaient ravis de le relire... Il faut dire que certaines phrases sont passées dans leur langage courant!

Une famillle aux petits oignons rassemble cinq petits livres : «L'omelette au sucre», «Le camembert volant», «Une soupe de poissons rouges», «Des vacances en chocolat», «La cerise sur le gâteau».

On y rencontre les Jean Quelque chose, Jean-A, Jean-B, Jean-C et Jean-D dans le premier tome, 4 garçons de 2 à 8 ans qui vivent au Havre à la fin des années 1960. C'est leur quotidien que nous raconte l'auteur avec beaucoup d'humour! Un quotidien où il n'y a pas la TV ou très peu, où il faut monter sur les toilettes pour regarder Rintintin chez les voisins par la fenêtre, où on part en vacances à 6 dans une petite voiture...

Un soupçon de nostalgie, des préoccupations quotidiennes pas si loin de nous, des répliques inoubliables et beaucoup d'humour : un livre qui met de bonne humeur!

A tout âge, en livre ou en livre audio.

"Quand on est une famille de six garçons, impossible de s'ennuyer un seul instant. Surtout avec Jean-A. qui veut toujours être le chef, le club d'agents secrets de Jean-B., Jean-C. qui ne comprend jamais rien, Jean-D., alias Jean-Dégâts, les poissons rouges de Jean-E. et le bébé Jean-F. qui n'arrête pas de pleurer... Sans parler du déménagement, des bagarres avec la bande des castors et des cousins Fougasse aux oreilles décollées... Décidément, impossible d'avoir la paix quand on est six garçons qui s'appellent tous Jean-Quelque-Chose..."

 

21 août 2017

C'est ici que l'on se quitte, de Joe Tropper

c'est ici que l'on se quitte

Il s'agit du premier roman de cet auteur que je lis, et même si j'ai quelques bémols par rapport à cette lecture, j'ai passé un très bon moment et je pense que je vais essayer les autres.

L'écriture est remplie d'humour, j'ai plusieurs fois ri derrière ma liseuse durant la première partie du livre, un peu moins par la suite mais certaines répliques sont vraiment fabuleuses!

L'histoire de base est "légère" car finalement, ce sont les personnages et leurs liens qui sont importants. Et quels personnages! A travers eux, ce sont des questions de vie qui sont posées, des problématiques intéressantes qui sont développées, et on s'attache vraiment à l'ensemble de  la famille.

En revanche, j'ai trouvé que les "obsessions sexuelles" de Judd pesaient de plus en plus au fil du roman, même si j'ai apprécié le personnage, alourdissant l'ensemble. J'aurais préféré que les autres personnages soient davantage développés, un peu plus de psychologie et un peu moins de sexe n'aurait probablement pas nui à l'ensemble.

Je recommande, si vous voulez passer un bon moment!

Pour adultes.

Qu'est-ce qui est pire que d'aller enterrer son père ? Réponse : passer les sept jours de deuil qui suivent enfermé avec sa propre famille de dingues...Qu'est-ce qui est pire que d'aller enterrer son père ? Réponse : passer les sept jours de deuil qui suivent enfermé avec sa propre famille de dingues... Pour Judd, qui nage en pleine déprime, cette semaine de Shiva'h pourrait être la pire de sa vie. Famille, je vous hais ! Heureusement, il y en a au moins un qui n'est plus là pour voir ça...

Posté par nemo_ à 21:23 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

18 juillet 2017

La dernière des Stanfield, de Marc Levy

la derniere des Stanfield

J'ai découvert Marc Levy l'année dernière avec L'horizon à l'envers, que j'avais adoré. Depuis, j'ai lu L'étrange voyage de Monsieur Daldry (sympa, d'excellents dialogues mais un scénario très prévisible) et commencé à écouter Une autre idée du bonheur, auquel j'ai eu du mal à accrocher.

Avec La dernière des Stanfield, ce sont les mêmes défauts que j'ai retrouvés : un aller retour entre deux, voire trois périodes, qui enlève tout suspense, j'avais compris l'ensemble dès le tiers du livre, et des longueurs dans l'histoire qui donnent l'impression que ça n'avance pas... surtout quand on s'attend déjà à la fin.

Le livre reste agréable à lire mais même les personnages principaux manquent d'épaisseur et certains personnages secondaires auraient mérité d'être davantage développés. Je n'y ai pas non plus retrouvé l'élégance des dialogues de M. Daldry.

Bref, il se lit facilement, mais à choisir, j'aurais préféré utiliser mon temps pour un autre livre.

"Ma vie a changé un matin alors que j'ouvrais mon courrier. Une lettre anonyme m'apprenait que ma mère avait commis un crime trente-cinq ans plus tôt.
L'auteur de cette lettre me donnait rendez-vous dans un bar de pêcheurs sur le port de Baltimore et m'ordonnait de ne parler de cette histoire à personne.
J'avais enterré Maman à Londres au début du printemps ; l'été s'achevait et j'étais encore loin d'avoir fait mon deuil.
Qu'auriez-vous fait à ma place ?
Probablement la même erreur que moi.
"

22 juin 2017

Les éclaireurs, d'Antoine Bello (Les falsificateurs t2)

éclaireurs

Après un tome 1 que j'avais trouvé vraiment excellent, j'ai retrouvé avec plaisir Sliv et ses compagnons dans ce tome 2 tout aussi réussi. Plus politique car plus proche de nous historiquement, ce tome 2 nous fait revivre les événements du 11 septembre, le contexte politique de l'époque, la guerre en Irak...

Comme pour les Falsificateurs ou Ada, on ne sait plus ce qui est réel et inventé, tout semble tellement plausible! Pas de grossière  "théorie du complot" mais des petites touches, toute en finesse, de manipulation de l'information qui forment un ensemble totalement crédible. Et si c'était vrai?

A travers la quête de Sliv pour découvrir la finalité du CFR, c'est la "grande" Histoire que l'on (re)découvre.

Un livre passionnant, intelligent, digne des plus grands romans d'espionnage sans pour autant en être un. Inclassable et incontournable !

"C'est l'histoire de Sliv, agent spécial du CFR (Consortium de Falsification du Réel), qui veut comprendre pour quoi et pour qui il travaille.
C'est l'histoire d'une organisation secrète internationale, qui tente d'influer sur l'histoire des hommes, et dont l'existence est brutalement remise en cause un certain 11 septembre 2001.
C'est l'histoire de Youssef, tiraillé entre sa foi et son amitié ; de Maga, jeune femme moderne que son mariage précipite dans une famille d'intégristes ; de Lena, dont la rivalité professionnelle avec Sliv cache peut-être des sentiments d'une autre nature.
C'est l'histoire d'une grande nation, l'Amérique, qui trahit ses valeurs quand le monde a le plus besoin d'elle.
C'est, d'une certaine façon, l'histoire du siècle qui vient."